Les ateliers éducatifs pour jeunes filles

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Ateliers pour les jeunes filles :

En 2010 nous avions fait un test avec 20 jeunes filles dans une école. Ces jeunes filles, même si elles avaient été scolarisées, ne savaient pas lire et leurs familles ou leurs fiancés souhaitaient qu’elles apprennent afin de pouvoir trouver un travail. Mais,bien que nous ayons financé les frais de scolarité de ces jeunes filles, il nous était difficile d’avoir le moindre retour sur leur formation et leurs progrès. Nous souhaitions pouvoir maîtriser l’action et savoir ce que nous financions.
Un responsable d’association  nous avait par ailleurs demandé d’aider les jeunes filles sorties du système scolaire à continuer à avoir une vie sociale et à apprendre. En effet nombre de filles atteignant l’âge de la puberté sont soustraites à toute mixité.

En 2012 nous avons décidé de mettre en place le projet des ateliers éducatifs pour des jeunes filles de la rive Ouest. Les événements politiques de 2011 et leurs conséquences financières nous avaient fait prendre du retard sur les prévisions.
Nous avons été aidés en cela par une subvention que nous a accordée le Conseil régional Nord- Pas- de- Calais(Fonds SISA) et le Conseil Général du Nord…

Les ateliers ont ainsi accueilli 15 jeunes filles  provenant des différents villages de Baerat afin d’éviter tout problème de rivalité entre les villages. Les jeunes filles  choisies l’ont été en prenant en considération  l’ouverture d’esprit de leur famille.
Ces ateliers ont pour objectif d’ouvrir les filles sur le monde extérieur et de promouvoir ainsi l’égalité Femmes-Hommes, au travers de cours ayant des thèmes très diversifiés : anatomie, hygiène, santé, premiers secours, soins aux enfants, hygiène alimentaire, géographie, communication, artisanat …

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                                    Ici on apprend le crochet, le tricot, la broderie….

DSCN1503 (Copier)                             Là on s’entraîne à faire des piqûres (sur une aubergine!)

Nous souhaitions au travers de ces ateliers que les jeunes filles prennent confiance en elles et obtiennent la place qui devrait être la leur au sein de la société et qu’elles en deviennent des acteurs à part entière.
Elles y apprennent ce qui pourra leur être utile dans leur vie de femme, dans une éventuelle future vie professionnelle mais aussi pour aider les autres filles de leurs villages. Nous espérons en effet qu’elles utiliseront les nouvelles connaissances et compétences acquises pour les transmettre à leur tour dans leurs villages respectifs.

Après seulement quelques mois nous avons pu constater un changement flagrant chez ces jeunes filles qui ont bénéficié en 2012 d’apprentissages tout nouveaux pour elles, qu’elles n’avaient même pas entrevus dans toute leur scolarité, du fait d’un système éducatif  inefficace en Egypte.
Elles ont pris de l’assurance, savent exprimer leurs souhaits et leur volonté.Elles ont surtout appris à dire NON!

Une évaluation (réalisée de façon anonyme en 2012) a donné un taux de satisfaction significatif : 100% de 10/10.
En fin d’année 2012 , les jeunes filles  ont voulu organiser une fête pour faire connaître la formation dans leurs villages.

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Lors de cette fête elles ont montré (et vendu) leurs réalisations mais surtout certaines ont pris la parole pour parler d’un sujet qui leur tenait à cœur. Pour l’une d’entre elles : l’inégalité des garçons et des filles dans la vie quotidienne. Ce  n’était pourtant pas un sujet facile ! Quelle belle surprise pour nous de les voir ainsi s’exprimer (presque) aisément devant un public

En 2013 les jeunes filles ont demandé à :
* Approfondir leurs connaissances , dans le domaine de la santé et des soins notamment.
* Se familiariser avec l’anglais, ce qui leur semble maintenant incontournable
* Apprendre à utiliser la bureautique
* Se familiariser avec la géographie du monde : les continents, les grandes régions du monde, les pays dont les habitants viennent en grand nombre visiter l’Egypte.
* Connaître l’histoire de leur pays et sa brillante civilisation, (c’était assez nouveau pour elles) et découvrir leur patrimoine culturel et artisanal

Nous leur avons  fait donner des cours d’anglais chaque semaine,  ainsi que des cours d’informatique.
La grande surprise est venue après le cours d’histoire (que le Dr Hatem a fort habilement axé sur les femmes égyptiennes célèbres) : les filles se sont aussitôt passionnées pour ce cours et ont demandé (elles qui ne voulaient pas entendre parler d’entrer dans les temples pharaoniques) à visiter Karnak. C’est un jeune guide, Minna, qui leur a commenté la visite et qui les a enflammées pour leur patrimoine.

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Après Karnak (Ah ! l’obélisque d’Hatchepsout !), elles ont demandé à visiter le musée de Louxor, le temple d’Hatchepsout, le temple de Louxor … Elles voulaient tout voir, tout découvrir. Ce furent ensuite des tombes de la Vallée des Rois.
Ce sont maintenant des jeunes filles transfigurées. Le guide n’en croyait ni ses yeux, ni ses oreilles, de découvrir de jeunes villageoises aussi éveillées, posant des questions intéressantes, s’attardant sur les statues…
Pour ces visites nous leur avons acheté un appareil photo numérique et notre amie Ingrid leur a donné leur première leçon de photographie.
Elles souhaitaient apprendre à mieux communiquer : savoir s’exprimer en public, savoir accueillir, savoir écrire ce qu’elles vivent ou ressentent…
Savoir recevoir est un art  qui semble malheureusement bien étranger à la population égyptienne et pourtant il existe un grand sens de l’hospitalité…

Le Dr Hatem leur a donc fait un programme pour les former à une meilleure communication. Et lors de notre séjour d’avril 2014, elles nous ont bluffés cette fois encore. Elles s’expriment maintenant avec une grande aisance devant le groupe pour parler de sujets qui leur tiennent à coeur (la surpopulation, le respect, des questions touchant à la santé, par exemple…)

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Souvent pendant les cours, les filles lisent à tour de rôle. Nous avons constitué une petite bibliothèque et avons pris une inscription à la bibliothèque de Louxor afin de pouvoir faire tourner des livres.
Hayam aime beaucoup la poésie et nous a lu, en arabe bien sûr, « Le Petit Prince ».

Certaines des jeunes filles ont pris conscience de leurs mauvaises habitudes alimentaires et de leur trop grande consommation de sucre (notamment dans le thé) et de graisse (dans les chips). Elles voudraient changer… Nous leur avons montré la quantité d’huile contenue dans un paquet de chips, cela leur a parlé bien plus que de longs  discours théoriques. Ce sont des fruits que nous avons ensuite apporté  pour les pauses.

Des analyses médicales ont montré des carences importantes, déjà du diabète pour certaines, et la présence de certaines parasites.

Nous voulions aussi  sauvegarder, si possible, un savoir-faire local qui disparaît peu à peu. Mais aussi leur apprendre  à tricoter ou à coudre à la machine afin qu’elles puissent plus tard exercer un métier chez elles.

Nous avons acheté des machines et les avons installées dans notre classe. Nous avons fait fabriquer des tables solides et stables. Un professeur a ensuite été recruté qui ne nous a pas donné satisfaction. Mona n’a pas su réellement prendre sa place de professeur et a travaillé sans réel programme.
Des bénévoles sont venues donner quelques cours, et des touristes Canadiens ont laissé de l’argent pour l’achat de tissus.
Après différentes péripéties, nous avons enfin trouvé LE bon professeur qui leur a appris, très rapidement, à confectionner divers vêtements, à prendre les bonnes mesures .

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En novembre 2013, nous avions organisé une réunion pour parler du futur de cette classe et de sa fin programmée. Nous avions proposé que les filles réfléchissent à un projet professionnel ou de formation, afin de pouvoir éventuellement les accompagner.

Au printemps 2014, à l’occasion de la présentation de leurs projets par les filles, nous avons constaté que si, pour certaines, le projet est encore quelque peu fluctuant (Hannah, Karima, Hint …), pour d’autres, les choses sont beaucoup plus claires.
Nous avons décidé de donner à certaines un coup de pouce, de leur permettre de se lancer dans la vie active et de faire leurs preuves.

Nous avons ainsi choisi de participer à ceux qui nous semblent cohérents et peu coûteux
* Amal : 2 mois de leçons particulières pour faciliter son entrée en high school.
* Hayam : pour du tricot. Elle devra toutefois améliorer ses compétences en tricot et s’orienter vers la vente aux Égyptiens plutôt qu’aux touristes.
* Karima : pour la fabrication de  gallabbeyas
* Haddeyat pour l’encourager  avec l’achat de tissu et de fil à broder car elle réalise à la main de bien jolies broderies  avec des motifs locaux qui pourraient faire des sacs et pochettes sympathiques

* Zeinab avait un projet qui était en phase avec le nôtre : un micro-élevage familial. Grâce à une subvention de divers fonds de dotation nous avons pu lui permettre de mettre ce projet en place (voir la rubrique « micro-élevage familial)

* Hayam a, quant à elle, rencontré le Père Noël (voir les parrainages)

Nous  avons alors pensé que ces 2 années  et demi de formation étaient largement suffisantes .

Nous  avons poursuivi les cours de couture jusque fin novembre avec 4 filles et nous leur avons aussi donné des cours de maintenance des machines car trop souvent les machines, en panne, finissent dans un coin de la maison. Ces nouvelles compétences leur seront très utiles et elles ont maintenant la possibilité de gagner un peu d’argent en cousant et en réparant des machines. Cela pourra devenir pour elles une petite mais réelle source de revenus.

Nous avons également loué pour 3 mois une machine à broder afin qu’elles puissent apporter quelque chose de plus et qu’elles en découvrent le fonctionnement.

Fin novembre,  elles ont chacune reçu une machine à coudre et elles ont parlé  de leur apprentissage aux 6 femmes (de 6 villages) qui leur ont  succédé.

La dernière formation a été une initiation à l’informatique : Word, Excel, Powerpoint. Les filles ont été enchantées de cette formation.

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Nous avons vécu une très belle expérience avec ce premier groupe. Nous pensons qu’elles ont appris énormément, qu’elles ont eu une occasion exceptionnelle d’ouvrir des fenêtres sur de nouveaux horizons.

Le docteur Hatem leur  a  demandé  de réfléchir à la façon dont elles vont   pouvoir rendre à leur communauté ce qu’elles ont eu la chance d’apprendre pendant ces deux années et demi, notamment sur le plan  de la santé et  de l’hygiène.

Nouveau groupe de jeunes filles, toutes du village d’el Kôm.

Nous avons, afin de donner une formation à davantage de jeunes filles, fait une session de 6 mois en 2015, axée surtout sur la santé, les soins aux enfants, les premiers secours, l’alimentation. Mais le Dr Hatem leur a aussi donné  des leçons sur la géographie de l’Egypte ainsi que sur son histoire.Pas faciles le cours de géographie : les cartes, les plans ne sont pas chose aisée à  appréhender pour elles. Cela nous semble pourtant si naturel à nous qui voyons cela à l’école dès notre plus jeunes âge.

En avril, ce fut un grand plaisir de voir ces jeunes filles jouer comme des enfants sur le banc de sable au milieu du Nil. Un motor-boat nous y avait déposés. Sauter dans l’eau , crier, s’éclabousser, remonter les bas de pantalons, rire et chanter.  Liberté  appréciable, et appréciée !

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                                               Epuisées et trempées par leur course folle!

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