L’alphabétisation des femmes

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La scolarisation des enfants et l’éducation des femmes sont la meilleure voie pour faire changer les mentalités et certains mauvaises habitudes.

Nous avions effectué un premier test effectué dans une école mais nous n’avions aucun retour  et aucune maîtrise sur l’action. nous ne souhaitions pas être simplement des « agents-payeurs » et voulions être  réellement en relation avec l’action d’ alphabétisation.

Notre objectif était de promouvoir l’alphabétisation des femmes et par là-même, d’être en mesure d’aider leurs enfants.L’opportunité s’est présentée de créer, en collaboration avec l’association égyptienne partenaire, une classe d’alphabétisation pour des villageoises qui ne sont jamais allées à l’école : 20 jeunes filles et femmes de tous âges, chrétiennes et musulmanes. Le premier village concerné a donc été celui d’Ezbet Basili.

Bien émouvant de les voir tenir une craie et  tracer des lettres sur le tableau de bois ! Certaines étaient si maladroites ! Mais quelle belle envie d’y arriver !

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Pendant 6 mois, 5 jours par semaine, à raison de 2 heures chaque jour, elles ont  petit à petit appris à déchiffrer, lire, écrire et compter.

Les leçons de lecture et d’écriture portent sur des thèmes de société: l’âge du mariage des jeunes filles, l’espacement des naissances, l’éducation, la nécessité d’avoir recours au médecin…

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                                                       les enfants accompagnent souvent leurs mères.

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                                                      Un tapis sur le sol en guise de mobilier scolaire

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                                                          Elles suivent le cours avec attention

Après 6 mois, additions, soustractions n’ont (presque)  plus de secret pour bon nombre d’entre elles et elles sont capables de déchiffrer un texte et remplir ou signer des papiers.
Chaque mois nous payons l’enseignante et nous remettons à chaque participante un sac contenant des produits alimentaires de base ainsi que des produits d’hygiène. Nous leur remettons également des vêtements pour les enfants, en fonction des dons que nous recevons.

Le succès de l’action a été tel que nous avons aussitôt organisé une seconde session dans une autre partie du village , puis une troisième…

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La 9ème session de 6 mois a commencé et le succès des classes va grandissant. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à vouloir y participer et nous sommes contraints, dans un objectif d’efficacité, de limiter leur nombre.

Un test a lieu à la fin de chaque session et les résultats sont édifiants : entre 80 et 100% de réussite.

                                                         Les examinateurs corrigent les copies.

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                                                                       C’est le jour de l’examen

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                                                             Les examinateurs corrigent les copies

Souvent, au fil de nos visites, des liens cordiaux se créent avec toutes ces femmes et les visiteurs qui nous accompagnent sont enchantés de ce qu’ils découvrent.

La plus âgée des élèves : Naema , malgré ses 89 printemps, a absolument voulu apprendre à lire, à écrire et à compter, comme les autres. Ridée comme une vieille pomme, elle voulait à tout prix saisir la première et dernière opportunité qui se présentait à elle. Et puis cela lui donnait l’occasion de sortir, de rencontrer d’autres femmes, de rire. Quel bel exemple de volonté pour toutes! Quel exemple touchant, pour nous! Elle savait que ce serait difficile mais elle voulait tout faire pour y arriver! Tenir le crayon a été une grande aventure et il a fallu l’y aider en lui guidant la main. Mais elle n’était pas la dernière à crier en chœur les lettres de l’alphabet…

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                          C’est bien la première fois de sa vie que Naëma tient un stylo dans ses mains!

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               Elle n’a pas manqué une leçon ! Elle avait à nouveau une vis sociale et voulait apprendre.

Nous nous étions toujours dit que nous voulions, après une ou 2 années, faire avec les classes d’alphabétisation, une «piqûre de rappel» de quelques semaines afin que les femmes ne perdent pas leurs acquis en étant sous-stimulées.
C’est Naëma, notre mascotte, qui a déclenché les événements. Alors que nous lui rendions une visite amicale dans sa masure de terre. Elle nous a montré le sachet plastique orange dans lequel elle avait précieusement rangé ses cahiers et son crayon, et nous a dit qu’elle était impatiente que la classe reprenne ! Au vu de son grand âge, nous avons décidé de commencer cette « reprise » par sa classe (dans le village d’el-Kôm).C’était en avril 2013.

Quelles retrouvailles ! Toutes ces femmes qui nous remerciaient, nous embrassaient, si heureuses de se retrouver dans un espace d’échange, de convivialité, de liberté de parole… Les rires fusaient.
Dès le deuxième jour, elles nous ont dit que ce n’était pas pour un mois qu’elles voulaient recommencer mais 6 mois, 1 an, 5 ans !
Nous avons alors dû leur expliquer qu’il n’était financièrement pas envisageable, malheureusement, comme pour la session initiale, de remettre chaque mois à chacune un sac de produits alimentaires.
Plus tard, sans vraiment y croire, nous leur avons dit qu’il était possible d’envisager une période plus longue et de payer l’enseignante à condition de ne plus donner le sac mensuel. Qu’allaient en dire les femmes et les maris ?
Quelle ne fut pas notre surprise (magnifique surprise !) de les entendre nous dire qu’elles voulaient absolument continuer à apprendre, avec ou sans les sacs. Et qu’elles seraient toutes là, tous les jours ! Clouant ainsi le bec aux commentaires des quelques détracteurs qui disaient que ces femmes ne venaient que pour avoir le dépannage alimentaire en fin de mois, que sans ce colis, les maris n’auraient pas accepté…

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                                             La première classe « piqûre de rappel », à el-Kôm

La classe de rappel nous a permis de constater que si certaines n’ont rien perdu de leurs acquis précédents, pour d’autres la reprise est bien plus difficile.
Ces villageoises nous étonneront toujours et c’est avec un très grand plaisir que nous allons assister aux cours.
Nous profitons de ces nouveaux cours pour faire intervenir un médecin égyptien. Son rôle ? Leur donner quelques conseils de santé, leur parler alimentation (et notamment celle des enfants et la consommation  de sucre), hygiène… Cela leur permet aussi de lui poser des questions sur leurs problèmes de santé, de se faire expliquer l’ordonnance qu’elles ont en mains.
Les sessions d’alphabétisation se sont déroulées dans les villages de la Rive Ouest de Louxor : successivement à Ezbet Basili, el-Kôm(1), Qatar, el-Kôm(2), Ezba(1), Ezba (2), puis Rozga (1) et Rozga (2) avec 100% de réussite au test final.

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                                                                                  Classe à Rozga

En mai 2014 cela a été le tour de Tôd. Puis,en novembre 2014, l’alphabétisation a commencé à Rozga (3). Le groupe est sympathique et c’est l’institutrice de Tôd qui va faire cours.

Après la « piqûre de rappel » à el-Kôm (2), et el-Kôm (1), ce fut le tour de Qatar et en novembre nous avons retrouvé le groupe de femmes de Ezba(2). c’est l’institutrice de Rozga qui a pris la relève, avec son enthousiasme et son énergie. En fin d’année, ce fut une classe piqûre de rappel à Ezba  (1) qui a commencé.
(Fin 2013, nous avons quitté , à regret, les femmes d’el-Kom 2 en fêtant les 90 ans de Naëma et en soufflant les bougies d’un énorme gâteau : elle vieillit tout doucement et n’est plus en très bonne santé mais ses voisins veillent sur elle, et elle est toujours aussi accueillante. Malgré ses 90 printemps, elle veut toujours cuisiner pour nous…)

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Certains enfants profitent également des cours: ils accompagnent leurs mères et sont très attentifs à ce que dit l’institutrice. C’est aussi pour nous un moment favorable pour détecter d’éventuels problèmes chez les enfants. Des cas de malnutrition, de teigne, d’avitaminose…

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    Mayyada avait besoin de lait médicalisé mais ses parents ne pouvaient l’acheter.

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                                         Les cernes des enfants sont bien visibles

Nous ne pouvons malheureusement accueillir plus de 25 à 28 participantes par classe car la qualité du travail en pâtirait sans aucun doute et l’enseignante pourrait se retrouver en difficulté. Pourtant une villageoise  est venue dire qu’elle allait se coucher en travers de la porte et qu’elle ne bougerait pas tant qu’on ne la prendrait pas !!!

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 Fin mars  2015 ( la Fête des Mères en Egypte vient avec le printemps), les femmes de la classe ont tenu à  partager  avec nous tous les  délicieux gâteaux faits à la maison (mais ô combien sucrés!) et elles étaient très fières de nous recevoir. Les assiettes débordaient  mais il n’était pas question de  refuser…

Le 1er mai 2015 nous  avons commencé une nouvelle session dans un autre  quartier du village.de Rozga.

Des villageoises qui n’ont pas eu jusqu’ici la chance d’intégrer ces classes nous sollicitent régulièrement pour apprendre elles-aussi à lire et à écrire. Les plus jeunes, notamment, qui ont honte de ne pouvoir signer qu’en apposant l’empreinte de leur pouce.
Les rencontres avec ces classes sont toujours de grands moments pour nous et c’est avec un grand plaisir plaisir que nous y allons.

Certaines femmes  ont demandé à  apprendre  à travailler sur des machines à coudre. Dés la fin 2014, 8 femmes  ont pris des leçons   (voir la rubrique un pas pour l’emploi ) .

En 2016 nous avons été amenés à travailler sur le village d’el-Jorf, et ce qui nous a beaucoup surpris était de voir autant de personnes atteintes d’un handicap, qu’il soit moteur ou mental.

 

Les familles  qui vivaient à Gournet Maraï ont été déplacées  de la montagne thébaine vers le village de New-Gourna. Les femmes qui se retrouvent ainsi éloignées de leurs maisons familiales traditionnelles sont maintenant logées dans des maisons certes plus modernes mais qui n’offrent pas que des aspects positifs !

 

Ces femmes ont montré leur grande détermination à apprendre : à lire, à écrire, à compter. Elles ont été particulièrement accueillantes. Très drôles aussi. Pour féliciter ses condisciples, quand elles réussissaient au tableau, l’une d’elles, non contente d’applaudir, nous offrait une joyeuse danse du ventre

 

Nous y retournerons bientôt pour la classe piqûre de rappel.

Ce Ce fut ensuite un retour à Rozga.

 

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